ORNEMENT, 2020

Quand on tape « Poil » sur Google, les requêtes sur lesquelles on tombe sont toujours liées à l’épilation :faut-il s’épiler ? Ne pas s’épiler ? Est-ce mauvais pour le corps de s’épiler toute l’année ? Comment s’épiler ?

Un simple mot semble poser de nombreuses interrogations et surtout faire peser des injonctions, principalement sur le corps des femmes.

Et pourtant, les femmes sont des Homo sapiens comme les autres. Comme tous les primates, elles appartiennent à la classe des mammifères. Et qui dit mammifère dit forcément poils.

Durant l’Égypte ancienne ou encore l’antiquité, l’épilation était une pratique mixte. C’est seulement à partir du XVIème siècle que la barbe est devenue un symbole de masculinité et que donc, par opposition, un corps glabre est devenue un symbole de féminité.

« Les femmes possèdent exactement le même nombre de poils — environ 5 millions — que les hommes » explique le Dr Nina Roos, dermatologue et autrice deUne peau en pleine forme (ed. Solar).

L’Histoire et la Science nous prouvent que nos standards de beautés sont totalement subjectifs.

Si certaines femmes commencent à briser le tabou de la pilosité féminine, les représentations de corps féminins poilus restent rares à la télévision, au cinéma, dans le porno, dans les publicités.

C’est à force de voir des corps inatteignables, que j’ai eu envie moi aussi envie de créer des images irréelles, totalement à l’opposé. Des corps avec des poils épais, longs aux implantations étranges. Ils dépassent des vêtements et semblent avoir leur propre vie. Des images qui mélangent photographie et broderie, qui montrent quelques instants les poils comme un ornement, une sorte de bijou surréalist

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